L'art, Allié du parti communiste

 

 

Chairman mao

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La propagande du Parti sous la présidence de Mao 

 

   En 1949, après un long conflit contre le Japon et des années de guerre civile qui opposent le Parti Communiste et le Parti Nationaliste, Mao Zedong devient le premier président de la République Populaire de Chine, et se fait appeler le "Grand Timonier". Pour la première fois de son histoire, la Chine devient communiste, suivant l'exemple de l'URSS et de nombreux autres pays.

Ce changement de gouvernement, qui fait suite à un demi siècle de guerres intestines et de luttes sans merci pour le pouvoir, symbolise un tournant capital dans les mentalités chinoises : on assiste a un rejet des traditions et de l' "impérialisme", ce qui se traduit par la destruction massive d'un nombre affolant d'oeuvres d'art "pré-maoïstes". La puissance d'une Révolution populaire luttant contre un passé d'oppression impérialiste déferle sur des siècles d'art qui finissent détruits, brûlés, anéantis. Les temples sont rasés, les cultes interdits et la liberté d'expression est réduite à néant. La Chine devient un état totalitaire. Les gardes rouges, milice populaire de jeunes étudiants au service du Parti font régner un climat de terreur (pillages, humiliations). C’est le chaos. 

Pourtant l'Art est loin d'être mort. En effet, l'ascension de Mao au pouvoir s'accompagne d'une utilisation intensive de la propagande afin de diffuser les idées du Parti Communiste dans l'opinion publique. La portée politique de l'art s'affirme alors. Afin de toucher un nombre maximal de personnes, le Parti utilise de nombreuses formes d'expression artistique, que ce soit la peinture, la sculpture, le cinéma, ou la photographie. 

La forme artistique de propagande la plus utilisée par Mao est indéniablement l'image. Affiches, peintures, photographies... De nombreux peintres sont engagés par le Parti pour réaliser des affiches à la gloire de Mao.

 

Shen Yaoi, artiste contemporain du Grand Timonier, et férocement admiratif du Parti, fait partie d'entre eux. Toute sa vie durant, il réalisa de nombreuses affiches à la gloire de Mao.

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                                                                                                  Source: Google images

Cette affiche réalisée en 1966 montre Mao Zedong qui salue le peuple chinois et lui montre le chemin à prendre. Le président de la Chine est ici représenté au premier plan, baigné de lumière. Shen Yaoi accorde tellement d'importance au personnage du Grand Timonier que ce dernier remplace même le Soleil, symbole très fort en Orient, et tout particulièrement dans la culture chinoise. On voit également le brassard des gardes rouge sur le bras gauche de Mao. Le peuple est représenté à l’arrière-plan brandissant le drapeau rouge, symbole du communisme. On reconnaît dans cette œuvre une esthétique rappelant fortement les affiches de propagande utilisés par Staline en URSS, de par la mise en valeur d'un leader souriant, porté vers l'avenir, entouré de symboles communistes, et d'une omniprésence de la couleur rouge. En bas de l'affiche, on peut lire un slogan qui, une fois traduit, dit "Quelles que soient les agissements du président Mao, il faut le suivre dans la bourrasque Révolutionnaire".  

Mais la propagande maoïste ne se limite pas uniquement aux affiches et aux slogans. 

La littérature aussi se voit chamboulée par la révolution, et des ouvrages, maintenant cultissimes en Chine, apparaîssent. On peut notament évoquer le "Petit Livre Rouge" qui est un livre publié par le gouvernement de la République Populaire de Chine à partir de 1964, dont la distribution se fait par Lin Biao, ministre de la défense et chef de l’Armée populaire de libération. C’est un recueil de citations extraites d’anciens discours et écrits de Mao Zedong, que les élèves chinois étaient obligés d'apprendre par coeur, et devaient réciter chaque jour en se rendant à l'école. Edités en un nombre incalculable d'exemplaires, le Parti avait pour volonté de le faire lire à l'ensemble de la population chinoise. 

 

On peut également assister à de nombreux spectacles à la gloire du Grand Timonier. Le théâtre fait partie intégrante de la culture chinoise, popularisé par l'opéra de Pékin durant des siècles. Mais dès la montée de Mao au pouvoir, le théâtre évolue plus majoritairement sous la formes de troupes itinérantes, allant de villages en villages pour jouer leur spectacle. Cela s'explique par le fait que Mao souhaite que sa propagande touche le plus de gens possibles, dont des populations rurales, qui ne savent pas forcément lire et qui sont par conséquent plus touchés par l'image.

Cette même volonté explique aussi le développement du cinéma chinois de propagande, média relativement neuf dont la popularité ne cesse d'augmenter dans l'Empire du Milieu. On peut par exemple citer le cas du film Nongnu (qui se traduit en français par "Serf") qui met en scène un jeune paysan orphelin devenu muet après avoir croisé le chemin de moines cruels et avides d'argent. Heureusement pour lui, il parvient à reparler après avoir rencontré la bienveillante Armée Populaire de Libération qui le libère de sa servitude. 

 

                                                               Affiche du film

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© LIU Cécile, XU Laetitia, CHEN Davy, BERTHAULT Simon.

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